Ibn al-Nafis et ses apports à la Science

 

Portrait imaginaire d’Ibn Al-Nafis, savant arabe du XIII ème siècle

Ibn al-Nafis, de son vrai nom Alaa Uddine Ali Ibn Abi al-Hazm al-Qurashi, plus connu dans la littérature arabe sous le nom de al-Qurashi, est né vers 1213 (l’an 609 de l’hégire) dans les environs de Damas en Syrie. Brillant médecin arabe, il s’est également distingué dans les domaines de la philosophie, de la jurisprudence, de la logique, de la théologie et de la littérature. Il exerça et enseigna la médecine dans les hôpitaux de Damas et du Caire.

L’ une de ses plus grandes contributions en matière médicale est sa découverte de la petite circulation ou circulation pulmonaire. Il est le premier à avoir découvert la circulation sanguine dans les artères coronaires. Il fut également le premier à découvrir que la circulation sanguine vers les poumons avait pour fonction l’apport en air. Enfin, il découvrit que les artères pulmonaires ne contenaient ni air ou sédiments mais seulement du sang contrairement à la thèse erronée du Grec Galien.

Ce dernier postulait l’existence d’un passage direct du sang entre les deux ventricules du cœur, avec circulation à double sens dans la veine pulmonaire.

Le médecin arabe démontra en quoi ce postulat était erroné. Il écrit: “Le coeur ne possède que deux ventricules et il n’y a absolument aucune ouverture entre ces derniers. De même, la dissection s’oppose à ce qu’ils prétendaient puisque le septum entre ces deux cavités est beaucoup plus épais que nul autre. L’intérêt de ce sang (qui se trouve dans la cavité droite) est de rejoindre les poumons, de se mélanger avec l’air qui s’y trouve, puis de cheminer au travers des veines pulmonaires pour gagner la cavité gauche du coeur.”

Ibn al-Nafis réfuta également certaines thèses d’Ibn Sina (Avicenne) quant au rôle des artères coronaires dans l’irrigation du muscle cardiaque. A titre d’exemple, il écrit à ce sujet :

En outre, le postulat (d’Avicenne) qui voudrait que le sang du côté droit serve à nourrir le coeur n’est absolument pas vrai, en effet la nutrition du coeur provient du sang circulant dans les vaisseaux qui pénètrent le corps du coeur”.

C’est ainsi que le le savant arabe, par son approche méthodologique, ses raisonnements, son observation, son esprit critique et ses dissections, est parvenu à réaliser des découvertes majeures, contribuant ainsi grandement aux progrès de la médecine.

Ibn al-Nafis était par ailleurs un savant prolifique, et ce, dans divers domaines. Parmi ses nombreuses oeuvres on peut citer: Al-Kitab Al-Shamel fil Tibb (Encyclopédie médicale de 300 volumes), inachevée en raison de sa mort, (le manuscrit se trouve à Damas);  Al-Madh-hab Fil Kohl (Traité d’Ophtalmologie); Il a également écrit de nombreux ouvrages en théologie, droit, grammaire et logique. Son oeuvre littéraire la plus célèbre est Al-Risalah al-Kamiliyyah fi l-Sira al-Nabawiyyah. Ce texte est considéré comme le premier roman théologique sur la vie du Prophète Mohammed.  Le médecin était réputé pour sa piété. Il démontre ainsi que l’islam n’est pas un obstacle à la science.

Ibn al-Nafis mourut au Caire en 1288.  Il légua tout son héritage à l’hôpital Al-Mansur du Caire. Les immenses apports de ce savant furent malheureusement peu connus. Ses découvertes furent attribuées bien plus tard à des occidentaux comme Servet, Vésale, Colombus et Harvey.


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